Rallye de l’Ain : une 80ème édition historique (3ème partie)!

Rallye de l’Ain : une 80ème édition historique (3ème partie)

Pour clore cette série d’articles rappelant les grandes heures du Rallye de l’Ain, nous avons choisi à travers les documents et photos que Jean-Jacques Guillemoz a mis à notre disposition pour l’occasion, cette belle évocation de Roudy Grob, pilote du Norton Sport Club de Genève, relatant l’édition 1957, et parut en 1999 dans son livre « Norton Sport Club, un demi-siècle d’histoire ». Merci à eux !

Roudy Grob spéciale de Journans sur sa Norton 500 Inter

« Vingt et un avril. Cinq heures du matin. Il fait encore nuit. La pluie, prête à tourner en neige, n’arrête pas de tomber. Il y a une heure que les 250 sont parties et dans moins de dix minutes, ce sera le tour des gros cubes de s’enfoncer dans ce qui reste d’obscurité avant le lever du jour sur les routes qui sillonnent le département de l’Ain. L’itinéraire est connu. Il s’agit de rallier en moins de 36 minutes le départ de la première spéciale à Bolozon. Trente-six minutes car il y a 36 kilomètres. De minute en minute, les concurrents engoncés dans leurs barbours censés les protéger du froid et de la pluie, traversent les rues encore endormies de la ville pour se trouver très vite dans le noir des campagnes.

C’est en effet à soixante kilomètres / heure de moyenne que les 420 kilomètres du parcours, jalonné de contrôles devront être parcourus. Pas de quoi impressionner le profane : tenir une telle moyenne, estime t’il ne représente certainement aucune difficulté, même pour un débutant. Cependant, un peu présomptueux, il risque de déchanter assez vite : les routes sont sinueuses, traitresses souvent. Gare au gravier fraîchement posé ou rescapé de la fonte des neiges ! Gare aux bouses de vaches laissées par le dernier passage des troupeaux ! Les phares n’éclairent pas très loin et lorsque le brouillard s’en mêle ou qu’une mince pellicule de neige rend les bordures floues, c’est un véritable exploit que d’arriver à temps aux contrôles. Le parcours, évidement, n’est pas fléché et le temps consacré à lire la carte se doit d’être compensé.

Soixante à l’heure ! Sept heures de course qui ne laissent quasiment aucun répit, si ce n’est une neutralisation à mi-parcours. Heureusement, l’avance n’est pas pénalisée, ce qui permet sur certain tronçon de se ménager une marge, histoire de faire le plein ou de défaire, les doigts gourds, une braguette systématiquement récalcitrante. En revanche, tout retard par rapport à l’horaire idéal est sanctionné de 60 points par minute de retard. Pour compliquer encore la tâche, plusieurs épreuves spéciales sont prévues. Celle de Bolozon se dispute au lever du jour. La route est en terre, couverte de cailloux. Les ornières, profondes, ont vite fait de vous envoyer dans les buissons de buis. Tenir la moyenne relève de la mission impossible et c’est celui qui encourra le moins de pénalités au terme de ce qui ressemble à s’y méprendre à une véritable course de vitesse. » 

Roudy évoque aussi ce qui était à l’époque les « grandes classiques » des rallyes motos français, pour la plupart aujourd’hui disparues :

«Certains parmi ceux du Norton développeront une véritable passion pour les rallyes qui se disputent dans la région, le challenge Bré à Lyon, le circuit du Beaujolais, le circuit de l’Ain, plus long et plus difficile que le « petit » circuit de Printemps (l’U.M. Ain organisait à l’époque 2 rallyes). Quelques-uns poussent jusqu’au rallye des Pyrénées et, pour couronner le tout, certains réalisent le rêve de faire le Cannes-Genève-Cannes, considéré comme l’épreuve reine des rallyes ».

Merci Monsieur Grob d’avoir écrit ces pages à propos des rallyes, elles restent un beau témoignage sur le rallye de l’Ain et  sur notre discipline, et nous espérons que vous serez parmi nous les 16 et 17 juin pour célébrer cette 80ème édition.

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